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Une femme qui parle de sexe ou se masturbe est-elle facile, sale, mauvaise?

Ecrit par 26 mai 2019 2 commentaires

Pourquoi devrait-on avoir honte de se retrouver entre filles (ou pas) et de parler de sexe, de masturbation, d’orgasme, d’hommes, de couple ?

Pourquoi devrait-on avoir honte d’être à l’aise et plutôt curieuse par rapport à la sexualité ?

Quel rapport y a-t-il entre aimer se masturber et être perçu comme une fille facile ?

Parler ouvertement de sexe, Lire des romans érotiques, écrire des nouvelles érotiques, regarder parfois des films pornographiques fait-il de moi une fille facile, une mauvaise fille ?

Pourquoi certains hommes ont-ils peur des femmes qui :
– prennent en main leur plaisir( sans jeu de mots hein ! Bien que …)
– ose leur dire ce qui ne va pas, 
– ce qu’elles aiment ou non ? 

Pourquoi n’ai-je pas le droit de réclamer mon orgasme également lors de nos rapports ?

Si tu te reconnais dans ces questions, je te rassure tu n’es pas seule.
Elles me reviennent lors de séances avec mes clientes, ou même au cours de certaines discussions avec des amies.

Le sexe un tabou pas si tabou pourtant. Mais lorsque l’on est une femme, les règles changent. Les regards et les jugements deviennent quasiment systématiques et crées bien souvent des silences handicapants, des sentiments de différences, parfois même de honte, ou de peur du rejet.

Si j’ai mis autant de temps à assumer que dans mon activité j’accompagne et aborde des sujets liés à la sexualité consciente, c’est en grande partie, parce qu’un jour moi aussi j’ai eu à affronter ces questions.

Cette phase, où le regard et les jugements de l’autre, m’ont amené à me demander : « Suis-je une fille bien ? Suis-je sale ? Pourquoi cela est si mal perçu ? »

J’aime parler de sexe, me documenter et explorer certains domaines liés à cela pour mon épanouissement certes mais également pour être en mesure de renseigner au mieux les personnes qui s’adressent à moi.

Je me rappelle des première soirées que j’ai organisé autour du plaisir féminin, entre cercle de paroles, échanges et réunions coquines. C’était en 2014. Je m’éclatais à les créer, à les réaliser. Uniquement par passion.
Je me rappelle la façon dont les femmes présentes en ressortaient avec un sentiment de légèreté, sourire aux lèvres, impatientes d’aller plus loin, ou simplement de se retrouver pour discuter.

Même celles qui venaient un peu craintives, sans conviction, et qui n’avaient jamais pratiquer la masturbation, ou encore poser des questions au sujet de leur propre plaisir. C’est si agréable d’entendre les anecdotes des unes et des autres et de voir que l’on est pas seule, à éprouver ou vivre certaines situations.
Je me souviens de ma fierté d’avoir pu contribuer à cette avancée même petite dans l’émancipation des femmes dans leur sexualité. Je faisais ce que j’aimais.

Et pourtant, à un moment, j’ai tout arrêté.
Lecture, soirée, échanges, écriture (Oui, oui, j’avais commencé un roman érotique sur Wattpad, dont certains lecteurs me réclament encore la fin)…
Bref j’avais refoulé cette partie de ma personnalité qui fais de moi une jeune femme à l’aise avec sa sexualité, et curieuse de nourrir son épanouissement.
La Lyah un peu coquine, s’en était allée.

Pourquoi ? Pour les mêmes raisons qui poussent aujourd’hui mes clientes et amies à venir se confier à moi :
La peur, la honte de l’image que certaines personnes avaient de moi.

Durant des mois, voire des années, je me suis cachée, voulant échapper à cette étiquette – un peu stupide, je me rends compte aujourd’hui – de fille aux mœurs légères à qui l’ont peut se permettre de faire des propositions déplacées, ou encore insulter en la traitant de « p… », d’allumeuse, d’aguicheuse…. Alors en plus avec mes formes généreuses, ma posture…

C’est tellement cliché, mais encore d’actualité : « Tu as des hanches, et des fesses, des courbes attirantes, donc si en plus tu parles ouvertement de sexualité et de plaisir tu comprends bien que tu envoies des signaux pas très corrects pour une jeune fille de bonne famille. »

Je me sentais sale, comme un morceau de viande au milieu de prédateurs.
En plus, je me permettais de remettre en cause l’ordre établit qui consiste à dire que « Le plaisir féminin est facultatif. Que les femmes ont besoin d’un homme pour prendre du plaisir. De surcroît ce dernier est atteint lorsque l’homme est satisfait… » C’est clair ma pauvre fille tu vas te faire incendier.
C’est exactement ce qu’il s’est passé. Pourtant mon intention n’était pas de rabaisser, ni d’offenser, bien au contraire.

Durant des années, je me suis sentie obligée de me taire.

Je me suis tue, et tuée une partie de moi d’ailleurs.
Jusqu’à ce moment où j’ai compris que je ne pouvais pas continuer comme ça.
La vie m’a amené à comprendre que tout ce que les autres me renvoyaient à travers leurs critiques infondées, c’était leur propre peur, voire pour certains un manque de confiance.
La raison pour laquelle cela m’a autant atteinte, c’est que moi aussi j’avais peur. Peur d’être rejetée, de ne plus être aimée. Je n’étais pas encore en paix et alignée avec cette partie de moi. Le syndrome de la parfaite petite fille, femme et mère faisait des ravages.

Mais tu vois, c’est comme un boomerang, tu as beau le lancer loin, il revient toujours, et c’est exactement ce qu’il s’est passé.

Le thème de la sexualité, du plaisir, revenait me titiller de différentes façons. Par des rencontres, des lectures, mais surtout par la demande d’autres personnes qui venaient s’adresser à moi avec le plus souvent cette même approche « Je sais qu’à toi, je peux en parler. », et d’autres qui eux aussi avait une image de moi de « Lyah, où celle qui nous permets de nous réconcilier avec notre sexualité. » Et pas seulement des femmes, des hommes aussi. 

C’est à ce moment que j’ai pris conscience qu’en me taisant, mes détracteurs gagnaient et moi je perdais non seulement une partie de moi, mais en plus je privais les personnes que j’ai envie d’inspirer, de cette lumière que j’arrive à transmettre.

C’est ainsi que j’ai pris le temps d’accueillir et accepter que cela fasse partie de ma mission de vie. Accompagner les femmes, les hommes, les couples (c’est nouveau, je n’avais rien demandé et pourtant), vers plus de compréhension, de communication et d’épanouissement dans leur vie sexuelle.

Ce que j’essaie de te dire:  Toi seul est responsable de ce que tu aimes. Il est facile de juger, de critiquer, mais bien souvent, c’est le seul moyen qu’ont certaines personnes pour exprimer leur peur. Surtout quand tu remets en cause ce qu’elles ont pris pour acquis.

La sexualité est un sujet passionnant, et si intense. Je ne parle pas de l’acte sexuelle uniquement, mais de toute la dimension spirituelle également.
Le plaisir est un droit. Et les femmes tout comme les hommes en bénéficie, qu’elle soit seule ou accompagnée. 
Tu auras toujours des personnes qui te renverront une image négative, mais cela est valable pour d’autres domaines plus généraux : la santé, l’argent, l’amour… Il y aura toujours des détracteurs, et des partisans, c’est à toi de déterminer à qui tu souhaites t’adresser.

Demande-toi pourquoi cela t’atteint autant ? Qu’est-ce que ça vient bouger au fond de toi ? Et comment tu peux y remédier ? Qu’est-ce qui t’anime vraiment ? Quelle vision as-tu de toi ?
Le plus important : « Fais ce qui te permets de te sentir aligné, sereine, et en paix avec toi-même. » 
Dans ce domaine comme dans un autre, c’est à toi de fixer tes limites, d’apprendre à définir ce que tu aimes, et refuser ce qui ne te correspond pas.
Tu n’as pas à en avoir honte. Crois-moi, une fois que tu seras en paix avec toi-même, tout te semblera fluide. Tu seras entourée, de relations qui te correspondent, car tu seras toi. Merci aux hommes qui ont compris cela, et qui contribuent à ce que les consciences s’élèvent en ce sens.

Être une femme demande : affirmation, courage et détermination pour se faire entendre et respecter à différents niveaux, la sexualité en fait partie. Toi seule peut définir comment tu décides de l’assumer. 

Une sexualité épanouie :
– Renforce tes liens, ta confiance et ton amour de toi,
– Booste ta créativité,
– Contribue au bien-être en général, même à la santé
que tu sois seule ou accompagnée.
Alors ose être à l’écoute de ton corps, de tes envies, ton plaisir, ta libido… C’est encore une voie pour améliorer ta connaissance de toi.

Avec tout mon amour.

Lyah 💖

 

Crédit photo :Image par Jonny Lindner de Pixabay

Lyah

Après avoir totalement perdu la mémoire en 2013, j'ai appris à me connaître vraiment et pris le temps de me demander ce que je souhaite faire de ma vie. Aujourd'hui je vis au rythme de mes rêves, des messages de mon corps, mes intuitions et mes passions. La vie m'a offert une seconde chance, je la remercie en vivant pleinement chaque instant et en accueillant tout ce qu'elle m'offre pour évoluer.

2 commentaires

  • Lyah dit :

    Oh c’est si bien dit Elsa. C’est exactement ça. Merci à toi pour ton commentaire, et heureuse que cela fasse écho. N’hésite pas à le partager si tu le souhaites.

    Sublime Journée

  • Elsa dit :

    Et voilà un article qui nous fait sortir de nos ornières érigées par notre éducation, nos croyances et comme tu le dis si bien, par le fait d’avoir peur de s’assumer. Pourquoi j’accueillerais plus un compliment lié à ma personnalité qu’à mon « sex appeal » ou au fait que je sois sexuellement attirante ? Non, je suis tout cela à la fois et bien plus encore…. Merci pour cet article

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