Assise dans la salle d’attente, je lui tiens la main. J’ai de la peine pour lui. J’ai peur de le perdre, même si les médecins disent que tout ira bien, qu’il en est à un stade précoce. Pourtant j’étais bien décidé à le quitter. Bien décider à le laisser refaire sa vie avec cette autre femme. Pendant ces deux semaines de vacances, j’ai décompressé avec les enfants. J’ai voulu me vider la tête. J’ai pris quelques moments seuls avec moi-même.J’ai pleuré. Je me suis demandée est-ce que c’était le genre de femme que je voulais être ? Si tu as raté les précédents épisodes, rattrape-toi maintenant : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.

J’avais très mal, très peur ! Jimmy avait même voulu me rejoindre. Ce que j’avais refusé. J’avais besoin de faire le point avec moi.
Dans un kiosque à journaux à l’aéroport, j’ai acheté un carnet, un stylo. Tous les jours j’écrivais.

Qu’est-ce qu’une femme ? Suis-je une femme ? Suis-je une femme bien ? Pourquoi me suis-je mariée si jeune ? Pourquoi ai-je eu des enfants ? Est-ce que cela me convenait vraiment ? Ou était-ce un moyen pour moi de rentrer dans les rangs ?

Ces questions me taraudaient !

Et Jimmy ? C’était quoi ce lien qui me liait si fortement à lui. Avais-je envie d’être en couple avec lui ?Non pas du tout.

La réponse était claire et sincère ! J’aimais les sensations qu’il me faisait ressentir. Nos conversations étaient une fontaine de jouvence pour moi. Néanmoins même en quittant Gér’ il était hors de question que je sois en couple avec lui. Dans ma tête mille doutes se bousculaient, mais nullement sur ce point. 

Voilà mes états d’âmes quotidiens ! 

Ceux qui m’étreignaient entre quelques séances de jeux vidéos, de batailles d’eau dans la piscine et de visites de l’île avec les enfants. Ma vie était en plein chantier. J’avais peur de me retrouver mère célibataire. Peur du regard des autres. Peur de finir seule ! Peur de ne pas m’en sortir financièrement ! Peur de ne pas réussir à refaire ma vie sans Gér’. Peur de le voir plus heureux avec une autre femme. Peur que mes enfants en souffrent, m’en veuillent. 

J’avais mal. J’étais perdue. Et pourtant j’étais décidée à aller de l’avant.

Mettre un terme à tout ce chaos. Car s’il y a une peur encore plus tenace et terrifiante que toutes les autres c’était celle de finir malheureuse comme ma mère, mes tantes qui sont restés par « Amour » ! Mais sérieusement était-ce de l’Amour ? Je percevais plus cela comme une soumission, une dépendance, un refus de voir leur propre valeur. N’était-ce pas le même chemin que j’empruntais depuis plusieurs mois ?

Voilà pourquoi dans l’avion pour le retour j’avais écris une lettre à Gér’. Comme une phase de préparation de ce que j’allais lui dire : Je savais pour sa maîtresse, je savais tout. Je savais qu’il n’était plus heureux avec moi et je refusais de me rabaisser à le supplier de rester. J’allais aussi tout lui dire pour Jimmy. Je ne voulais plus mentir.

Pour être honnête je voulais qu’il souffre. Je voulais lui prouver que d’autres hommes me désiraient. Que je valais quelque chose. Que j’étais ou plutôt je suis une femme ! Je voulais qu’il se rende compte que je n’étais pas acquise car je m’étais laissée séduire par l’un d’entre eux. J’avoue, mon souhait était de  voir son monde s’écrouler, comme le mien lorsque j’ai tout découvert. Certains trouveront cela petit, mesquin, mais c’était ma petite vengeance à moi.

Je m’imaginais  le regarder en face et lui dire que contrairement à lui, je l’avais trompé, mais qu’à aucun moment je n’avais prononcé les mots « Je t’aime. » ou « Je veux être avec toi. », qui lui étaient réservés à lui seul, mon mari.

Oui mon discours était prêt rodé, répété. J’étais prête à tout recommencer SEULE, avec mes enfants.

C’est alors que la vie m’a surprise d’une épée aussi saisissante que terrifiante:  LE CANCER !

Gérôme avait appris lors de mon absence qu’il avait un cancer des testicules. Une autre peur m’envahit. Celle de perdre mon mari. Ou pire que mes enfants grandissent sans père, à cause de cette fichue maladie. Alors tous mes plans, mes décisions ont été reportés. Mais avant cette peur, une colère s’est emparée de moi.

Pourquoi devrais-je restée ? Pourquoi ce serait à moi de jouer les infirmières ? Un cancer des testicules ? Mais n’était-ce pas elle, cette autre femme qui en jouissait davantage.

J’en ai voulu à la vie, j’en ai voulu davantage à mon mari, à Dieu. Et c’est là contre toute attente que Jimmy m’a ramenée à la raison.
 – Tu l’aimes Haley !  M’a-t-il dit ! Voilà pourquoi tu es autant en colère ! Sinon tu éprouverais probablement de la tristesse, mais cela ne t’empêcherait pas de le quitter.
Il avait raison. L’amour était bien plus fort que la haine.

C’est pourquoi durant près de 4 mois, j’ai été là dans cette salle d’attente.

L’accompagnant à tous ces rendez-vous. Je faisais au mieux pour lui faciliter la vie. Je le rassurais. Oui car pour un homme perdre une couille c’est assez difficile d’un point de vue virilité. 

Mais moi dans tout cela ? Rien n’avais changé. Malgré cette période difficile, le fossé n’a fait que ce creusé ! J’ai fait ce que mon coeur me dictait. J’ai été là jusqu’à ce jour où le médecin nous a appelé dans la salle d’attente. Nos coeurs ont battu la chamade ! Nous nous sommes tenus par la main et avons bondi de joie lorsqu’il a enfin annoncé qu’il était tiré d’affaire. Mon mari n’allait pas mourir du cancer. Mais notre couple lui n’allait par survivre à tant de souffrances. 

La maladie ne fut qu’un sursis supplémentaire.

Après l’infidélité c’est elle qui nous a achevé. Gérôme n’était clairement plus le même. Et moi non plus. Il ne voulais plus du tout faire l’amour, mais pas pour les mêmes raisons. Il avait du mal à se sentir homme. Il avait refusé la prothèse testiculaire. Il ne voulais d’aucune illusion. C’était comme sil s’infligeait lui même une punition. Nous ne dormions plus ensemble, il préférait dormir dans le salon.

Allongée tous les soirs dans mon lit, je pleurais. Je ne parvenais même plus à me masturber, à me toucher. Et oui cerise sur le gâteau j’ai quitté Jimmy.

Durant tous ces mois à rester aux côté de Ger’ je ne l’ai vu que deux fois. Je me sentais trop coupable de le voir durant cette période. Pourtant la sensation de manque se faisait sentir. Alors j’ai cédé. Deux fois en 4 mois. La dernière il y a quelques jours. Après l’annonce de la rémission de Gér’. Après lui avoir annoncé que je souhaitais qu’on se sépare. Après avoir appris que sa maîtresse, Hélène était décédée depuis 8 mois. Il l’a avoué comme pour me rassurer. Elle n’était plus là donc il ne me quitterait pas ! Je me demande s’il a réfléchi avant de répondre cela ! Je ne sais pas ce qui est le plus douloureux. De constater que votre mari vous repousse à cause d’une autre femme, ou qu’il vous repousse car il pleure cette autre femme. Pas pendant une semaine, un mois, mais plusieurs. C’était même probablement cela qui l’avait rendu malade. Il a enchaîné dépression et cancer après sa mort ! Et je suis censée dire Youpi elle n’est plus là !!!!!! 

Alors j’avais besoin  de souffler de penser à autre chose que ma peine. Me changer les idées ! Ma meilleure amie n’était pas disponible alors j’ai appelé Jimmy ce jour-là. Sans savoir ce qui m’attendait. Que lui aussi j’allais le perdre. 

Nous n’avons pas couché ensemble. Ou du moins pas tout de suite, pas comme d’habitude.

Nous avons pris un verre, nous sommes promenés dans un parc en rigolant et avons fini dans un « Jump parc ». Il m’a emmené en me disant avec un sourire angélique, vicieux et séducteur : « On va s’envoyer en l’air autrement pour que tu oublies tes soucis. » Je ne m’attendais pas du tout à cela !

Pendant 1h il avait raison je me sentie comme une enfant ! Légère, insouciante. Je me suis amusée, j’ai rigolé, joué ! On a sauté de plus en plus haut sur ces trampolines géant. Plus rien n’existait.

Serait-ce l’euphorie de cet instant qui a provoqué ce qui allait me faire fuir ?

Probablement ! Nous sommes sortis main dans la main en rigolant comme deux adolescents. Il m’a embrassée langoureusement à m’en faire mouiller ma culotte. J’avais envie de lui. Là tout de suite !
Était-ce mal de penser à me faire plaisir alors que mon mari venait de perdre ce qu’il considérait comme une partie de sa virilité ? Et puis après tout, je n’avais pas envie de penser encore à lui. Pas après ses dernières révélations. J’étais tiraillée mais mon désir a eu raison de moi. Nous avons fini dans un petit hôtel pas loin, prêts à nous arracher nos vêtements depuis la voiture.

Ses doigts, ses mains, sa langue ont parcouru tout mon corps.

Ce jour-là il ne m’a pas pénétrée. Il m’a affirmé d’une voix suave et sexy

« Je veux m’occuper uniquement de toi ! Prendre le temps, découvrir toutes les zones de plaisir sur ton corps. »

Je ne pensais pas que cela pouvait être possible de jouir autant de fois à la suite. J’étais loin de m’imaginer qu’un homme pouvait éprouver autant de plaisir et éjaculer en se concentrant uniquement sur le plaisir direct de sa partenaire, sans se masturber, ni même me pénétrer. L’atmosphère était intense. Nous ne faisions qu’un. Sans un mot, nous nous étreignions sensuellement, sexuellement, spontanément, pendant de longues heures.

Jamais de toute ma vie je n’avais connu une expérience pareille.

À mon grand étonnement Jimmy non plus. Il me l’a avoué avant de prononcé les mots de trop, les mots qui me feraient fuir. Qui scelleraient notre sort.

– Bébé, je me suis laissée inspirer uniquement par toi, ton corps, mes émotions, mon attirance. Même avec ma femme… jamais…

– Arrête s’il te plaît Jimmy, je t’en supplie, ne fait pas ça … tais-toi s’il te plaît. 

– Non il faut que je te le dise Bébé… Haley ça fait un moment que je souhaite te le l’avouer… Je t’aime… cette distance depuis des mois m’a montré à quel point je tenais à toi. 

– Pourquoi tu as fait ça, pourquoi as-tu dit ça ! Je suis désolée, je ne peux pas ! C’est fini, ne m’appelle plus, on ne se verra plus ! 

Il a tenté de me retenir, mais j’ai réservé un Uber et je me suis enfuie en vitesse. Ses appels, ses messages, n’ont rien changé. J’ai préféré fermer mon portable.

Paradoxalement sur le chemin qui me ramenait chez moi j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Pourquoi l’a-il dit ? Je ne voulais pas devenir ce genre de femme. Il a franchi la limite que l’on s’était imposé. Et pourtant au fond de moi j’avais envie de lui répondre moi aussi. Car même si je m’interdisais de le verbaliser, je l’aimais également. D’une autre façon que Gérôme, mais je les aimais tous les deux. Plus tard je découvrirais que c’était une forme de polyamour. Mais mes valeurs étaient plus fortes. Je ne voulais pas que sa femme souffre (davantage peut-être) par ma faute. Il en était hors de question. Je ne serais pas celle qui brise un autre mariage. Je préférais renoncer à cet amour, cette relation impossible pour me donner bonne conscience. Mais c’était là déjà un bel acte d’Amour inconscient. 

Ma souffrance venait de passer au stade supérieur. Je venais de perdre les deux hommes que j’aimais. Mais Jimmy n’était pas décidé à renoncer.

C’est ainsi que Gér’ allait le découvrir ! À cause (ou grâce à ) d’un texto.

La vérité ? Je savais parfaitement ce que je faisais en laissant mon téléphone près de lui. Il l’a appris car je voulais qu’il l’apprenne. Je voulais qu’il ressente ce que j’ai ressenti. À la différence qu’il se rendrait compte que moi, j’étais parvenue à y mettre un terme. Ce n’était pas pour, ni même à cause de Jimmy que je le quittais. Mais bien parce que notre mariage était mort depuis maintenant plusieurs mois.

J’ai lu dans ses yeux la souffrance, la surprise. Il ne s’y attendait pas ! Comment sa douce, dévouée et honnête Haley avait-elle pu lui mentir durant tous ce temps ! Hey mec, comment toi tu n’as pas remarqué mes changements durant ces derniers mois, car des indices je t’en ai laissé ! Cela en disait long sur l’attention que tu me portais ! Voilà ce que je pensais. 

Nous avons tous les deux vidés notre sac ce soir-là. Nous sommes dits des mots blessant, humiliant, mais au final je ne voyais pas comment cela pouvait se finir autrement. Nous étions assis sur un lit de grenades depuis bien trop longtemps.

Le 25 Août tout a basculé.

Ma relation avec Jimmy, mon mariage… Je m’apprêtais à vivre des mois éprouvants, douloureux, qui allait m’emmener sur un cheminement salvateur. Je me suis redécouverte. J’ai visité la honte, la douleur, l’humiliation, pour enfin comprendre ce qu’est réellement une femme pour moi, un homme et aussi un couple. Depuis le début nous avions tout faux. J’avais tout faux. Mais la vie allait m’aider à y remédier.

Tu as envie de connaître la suite ? Rendez-vous au prochain épisode. 

Haley 

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

1 commentaire

  • Patricia dit :

    Wow, comment fais-tu Haley pour te reconstruire ? Quelle direction veux-tu prendre ? Que veux-tu pour toi ?
    Ton histoire me touche, parce que je suis en quête d’amour. Je m’aime et ne suis pas en train de chercher quelqu’un qui m’aime à ma place. Je veux un homme qui m’aime comme je suis. Je veux aimer et aussi me sentir aimer. l’amour circule dans les deux sens c’est mieux. Je veux un amoureux, mon amoureux, mon âme sœur. Celui qui fera corps avec moi, celui au près de qui mes énergies s’autorechargeront naturellement parce que nous serons faits l’un pour l’autre….A bientôt pour la suite de ton histoire. Bien à toi.

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