Il est à peine 13h05 lorsque je me gare sur le parking du petit hôtel non loin de mon travail. Dehors il fait gris, il fait froid. Il n’y a personne. Pourtant j’ai l’impression d’étouffer de chaleur. Mes mains sont un peu tremblantes. Mon cœur palpite. Je croise mon regard dans le rétroviseur…j’y lis un mélange d’angoisse et de culpabilité. Des sentiments que je n’avais plus éprouvés depuis longtemps. Mais alors pourquoi suis-je venue ?

La sonnerie de mon téléphone retentit dans la voiture.

C’est un message… un message de lui : « Bébé où es-tu ? Ça va ? »Il s’impatiente, il s’inquiète. Je ne suis jamais en retard à notre rendez-vous. Je suis toujours la première arrivée.
« Oui ne t’en fait pas ! Je viens tout juste de me garer. »
Mes doigts tremblotent en l’écrivant. Je prends une grande inspiration. Je souffle, puis je descends enfin.
« Ok, chambre 3113 ! Fais vite ! » Répond-il !

J’ai mis mes lunettes de soleil et salue timidement la réceptionniste à l’accueil. Comme si cela pouvait empêcher que quelqu’un me reconnaisse ! À mesure que j’avance mon cœur bat la chamade. Qu’est-il en train de se passer ? Aurais-je des regrets ? Des remords ? Suis-je en train de faire marche arrière ? Après un an, est-ce le moment de dire STOP, on arrête tout ?

Me voilà à présent dans l’ascenseur.

Un miroir me fait face. Je n’arrive pas à me regarder. Je me sens… mal à l’aise, sans trop comprendre. Une jeune femme et celui que je suppose être son mari occupent également le petit espace avec moi. Ils s’embrassent langoureusement, amoureusement ! Je repense à notre escapade à la montagne. À ces soirées où nous nous sommes retrouvés comme au tout début. À Gérôme qui me dit « Je t’aime, tu es la femme de ma vie ! »

Le « ding » de l’ascenseur interrompt mon petit moment de nostalgie. Ça y est, j’y suis. Je longe le couloir sur la gauche. Je respire.  Tout va bien se passer ! Au pire je n’aurai qu’à lui dire que c’est fini ! Oui c’est mieux comme cela, ça a assez duré ! Il est temps que j’arrête. Que tout cela s’arrête !

Ah ouais vraiment ? Alors pourquoi plus j’approche de la chambre et plus mon cœur s’emballe de joie à mesure que ma tête panique ? Mon cœur vraiment ? Non parce qu’étrangement il me paraît d’un coup… bien bas mon cœur. C’est exactement cela ! C’est uniquement du sexe ! Ou du moins c’est ce que c’était censé être ! Ma tête essaie-t-elle d’en convaincre à nouveau mon cœur ?

3113 je suis devant la porte.

Il ouvre presqu’instantanément. Il sourit sans dire un mot. À ce moment précis. J’entre dans la chambre. Je fonds littéralement. Toutes les questions qui me taraudaient encore il y a à peine quelques secondes ont disparues. Évaporées !

« Tu m’as manqué ma puce !»

Me susurre-t-il en m’embrassant, en me caressant. Je sens mon cœur, mon corps et ma tête se mettre enfin au diapason. Oh que oui je le veux ! Oh que oui j’aime cette sensation, ces sentiments qui me gagnent. Comme si tout d’un coup, je me sentais plus vivante que jamais.

« Toi aussi tu m’as manqué mon cœur. » Je ressens à nouveau cette fièvre dans tout mon corps. Cette espèce d’énergie qui me fait changer d’avis à chaque fois que j’ai voulu rompre. Une alchimie inexplicable. Il passe sa main, sous ma robe. Effleure ma vulve. Une voix me crie « Arrête pendant qu’il en est encore temps ! » pendant qu’une autre me hurle « Mais ça ne va pas ! Profite tu auras le temps de dire C’EST FINI, en partant ! »

– Je vois que je ne suis pas le seul à avoir trouvé ça long ! Tu es trempée bébé ! Ça faisait longtemps que tu ne l’avais pas été autant ! Je suis désolée mais j’ai envie de toi. Maintenant, là tout de suite ! Dit-il de sa voix rauque, ennivrante.

– Moi aussi mon cœur, moi aussi, mais… Oooohhhh ouiiii !!

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, interrompue par ses doigts qui s’immiscent en moi tendrement, doucement.

Il ne me faudra pas très longtemps avant d’atteindre l’orgasme.

Un premier, puis un deuxième, troisième. Cet après-midi-là, nos corps se sont étreints dans une valse presqu’irréelle, divine. Sans un mot, nous laissant simplement bercés par le plaisir, le désir et une forme d’amour que nous ne partagions pas ou plus avec nos conjoints respectifs… En réalité c’était deux formes d’Amour complètement différentes, incomparables.

Il s’appelle Jimmy, il est marié et à deux enfants.

C’est mon amant, tu l’as compris je pense, même si je déteste ce mot.
Oups !!! au fait moi c’est Haley, désolée, je me suis emballée. Je suis la femme de Gérôme dont tu as déjà fait la connaissance, nous avons trois enfants.

Il t’a raconté sa version de l’histoire. Peut-être l’as-tu critiqué, ou peut-être t-a-il touché par l’allure dramatique qu’a pris son témoignage. Aujourd’hui son analyse subtile de la situation est remplie de discernement.

Je ne suis pas là pour te dire qui a tort ou raison.

Ni même de jouer la victime. D’ailleurs, peut-être qu’après cet épisode, tu ne me verras pas comme telle. Je vais simplement te raconter comment j’ai vécu cette histoire, cette partie de ma vie. Mais surtout comment elle m’a transformé et m’a aidée à me trouver en tant que femme. Comment elle a permis à Gérôme et moi de nous retrouver contre toute attente en tant que couple. Pas n’importe quel couple. Un couple 2.0…

Comme Lyah aime le dire, comment nous avons sublimé notre vision du couple, de l’Amour, du Sexe, de la famille, de nous-même !

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Mais en attendant tu peux te rattraper et lire les précédents : Épisodes 123456

Haley 

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

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