Je te présente Pélican Fêlé.

Si tu as visité mon blog, tu le connais déjà…

Pas un oiseau, non. Quoique…
Poète, empathe, un peu magicien
Toujours en route.

Il apprivoise le bizarre et tutoie les ombres.
Sa présence légère et sa Besace à Tout suffisent à redresser le présent.

« Ville de pierre… », un repère d’ombres rougeoyantes sur les chemin de … la guérison de l’Amour … avec un précieux, à l’image de ceux que Lyah a déjà eu le plaisir de te présenter.
Rien que pour toi, lecteur, lectrice d’Amné’Vie !

Pélican Fêlé

***

I

 

La grande ville…

Je change l’orientation du quartz suspendu à mon cou. Sa protection accrue me brûle un peu la peau.
Tellement dures, les énergies ici…
Mes pieds vibrent des plaintes du sol malmené. Son murmure raconte l’air manquant et la gangue enfermante…
Mes muscles ressentent les torsions douloureuses des arbres dans l’humidité toxique.
Immobile, je vois l’âme des passants se dissoudre dans la grisaille des ondes…

Ma cape abandonne sa flamboyance pour m’envelopper d’ombre et me permettre d’atteindre au plus vite Aurèle qui m’attend au sommet d’une tour…

Septième étage.
Le paradis s’est mué en enfer…
Treizième étage.
Le malheur rôde…
Vingtième étage.
L’odeur de l’adrénaline envahit le pallier…

Ce n’est pas Aurèle qui ouvre la porte blindée.
Une fille inconnue a libéré les verrous mais laissé la chaîne de sécurité.
L’odeur d’adrénaline, c’est elle.
Sa bouche n’arrive pas à se poser, ses lèvres ne peuvent se joindre.
Tout son visage tremble.
Son sourcil droit disparaît sous une croûte de sang.
Je devine une bosse violacée sous son béret déchiré.

Tout en gardant ses yeux dans les miens, je guide ses doigts souillés vers la chaîne.
Un champ de ruines, des flammes dévorantes, des bouches hurlantes…
Son âme terrorisée me parle de guerre, de destruction.
Sa main dans la mienne, j’entre dans l’appartement.

Respiration sifflante, odeur citronnée, masquée par celle de la fièvre.
La porte de la chambre est juste entrebâillée.
Aurèle couché, trempé.
Tout contre lui, un chat siamois veille.
Il me regarde pour me jauger. On ne se connaît pas.
Je perçois sa tension.
Il ressent mon calme. Il cligne des yeux et me laisse approcher.

II

 

Pas de vrai silence dans la ville…
Je dois entrer profondément en moi pour percevoir les signes.

L’énergie d’Aurèle est brouillée, comme si celle de quelqu’un d’autre le parasitait.
Bousculade, menaces, terreur, puis le noir…
Il a été assommé.
Le chat sait, il répare.
Une vague de culpabilité s’intensifie autour de moi.
La fille sait. Elle pense que c’est de sa faute.

Quelques traces de sang sur la poignée de porte. Les fibres du tapis sombre écrasées en pointillé. Un sac à main éventré derrière le vantail.
C’est elle qui l’a ramené ici.
Le rouge et le noir flottent à l’arrière de ses iris. Elle sait qui a frappé.
Sa volonté peine à contenir le malheur, elle faiblit…

Aurèle me regarde, du fond de son brouillard.
« Pourquoi m’as-tu fait venir ? »
« Pour que tu la guérisse. »
« Qui est-elle ? »
Pas besoin de réponse, je vois la flamme vive luire doucement derrière le brouillard…

La bien-aimée d’Aurèle est recroquevillée dans un coin de l’appartement, la tête enfouie entre ses genoux.
Le tremblement a gagné tout son corps, toute son âme.
Je sens autour d’elle la même énergie que celle qui parasite Aurèle.
Les mains dénouées de la jeune fille, ses avant-bras déchirés et son regard dévasté me racontent sa lutte.
Son triomphe ne pourra cohabiter avec la culpabilité…

« Tu peux troquer tes dépendances et ton malheur contre l’amour qui est au fond de toi. Laisse-lui la place de les chasser. »
Elle secoue la tête, brisée, fracassée.
« Dès que tu les chasseras, Aurèle le fera aussi. »
Ses iris, agrandis et hésitants, osent enfin me regarder en face.
La terreur sombre y perd du terrain…

J’ai toujours des pierres dans ma Besace A Tout.
Celle que je place dans sa paume droite a le pouvoir de raviver la Flamme de Vie, aussi étouffée soit-elle.
« Va maintenant, va vous soigner tous les deux. »
Je la regarde fermer doucement le battant de la chambre sombre, la pierre serrée entre ses doigts.

III

Amour sincère enchâssé d’une pierre sacrée.
Il n’y a pas de meilleure recette pour décaper les énergies noircies…

Au pied de l’immeuble, ma pelisse m’offre à nouveau sa protection.
Continuer mon chemin, maintenant.
Loin de la ville et de ses ombres… 

Pélican Fêlé te salue bien.

S’ il te touche, s’il t’intrigue, viens le visiter chez moi …
Son monde sera le tien… Ton monde sera le sien…

Et qui sait, peut-être le retrouveras-tu ailleurs ?

Dans tes rêves, sur ta route

Pélican au coucher de soleil

Stéphanie

Écrivaine d'un monde qui se libère "Forger la liberté par l'expérimentation !"

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