mon identité

(In)Fidèle… Je ne suis pas un homme…(3)

Hey c’est Gérôme ! Nous voilà maintenant à l’épisode 3. Si tu as raté les deux précédents, je t’invite à te rattraper en lisant l’épisode #1 puis l’épisode #2. Mais en attendant reprenons à la fin : 

Je ne me doutais pas de ce qui m’attendait ! Que je ne serais plus le même ! Que ma femme ne me reconnaitrait plus ! Sans savoir que la mort d’Hélène, me ferait mourir moi aussi (…)

C'est cela l'enfer ?

Il fallait que je parle à Hélène que je la vois..

Voilà ce que je me suis dit en franchissant la porte de chez moi. Je voulais être franc avec elle. Mais étais-je prêt à la perdre ?  Je pris le temps de ranger nos affaires avec Haley avant de vaquer à mes occupations.
Il était 23h lorsque nous eûmes fini. Après une bonne douche ensemble, je m’excusai auprès d’elle en lui disant qu’il fallait que je regarde si j’avais des messages.  

“Chéri s’il te plaît ! Le monde extérieur peut attendre quelques heures de plus ? Tu le feras demain, il n’y a pas d’urgence.”  

Haley avait raison. Mais voilà que je me sentais coupable vis-à-vis d’Hélène. Elle savait quand je rentrais. Je lui avais dit ! Comme je l’avais averti de la règle “sans téléphone », si je ne lui donnais pas signe de vie, elle allait très certainement s’inquiéter !

 La salle de bain fut mon refuge pour quelques minutes. Je n’ai lu aucun message. Je lui ai juste envoyé un : 

 “ Bonne année ma puce, je suis bien rentré, je suis crevé, je t’appelle demain. «  

 Je refermai aussitôt mon smartphone. Et rejoignis ma femme dans sa belle nuisette bleu nuit. Une pointe de culpabilité je le reconnais. À peine rentré que les vieilles habitudes revenaient déjà.

Mensonge, double vie, tromperie, promesses non-tenues. Comment allais-je m’en sortir ?  

En me couchant ce soir-là, je ne me doutais pas que jamais je n’aurais de réponse d’Hélène. Je me doutais encore moins que son corps, celui que j’avais touché, aimé, caressé, reposait déjà six pieds sous terre…Son cœur qui avait battu au rythme du mien durant ces 3 dernières années, s’était arrêté. Mais surtout que ma vie d’homme allait basculer sans m’en rendre compte. Parce que cette nuit-là, j’avais choisi d’être le mari de ma femme. Choisi de la rassurer, lui faire l’amour. Comme pour lui prouver que peu importe le lieu, je serais toujours là. Mes efforts seraient mes mots désormais…  

Il est 6h lorsque mon réveil sonne.

Haley est encore endormie, les enfants aussi. Je pars faire un jogging. Cela faisait longtemps que je n’avais pas chaussé mes baskets. J’ai besoin de prendre l’air, de courir, de sentir le froid sur ma peau. Il fait encore nuit. Le quartier endormi m’offre un paysage paisible, au silence presqu’irréel. Nous avons de la chance de vivre près d’un grand parc arboré.   

Bien entendu j’embarque mon téléphone. Je cours durant 30 minutes. Les images défilent, les sensations aussi. Comment vais-je m’en sortir ? Je les aime toutes les deux. Je n’ai pas envie de choisir. Et pourtant au plus profond de moi, je sens que quelque chose ne va pas. Je m’arrête près d’un banc. Je ne veux pas être comme mon père. Mais lorsque je regarde ma vie, je suis exactement pareil. Je le fais juste avec plus de répartie. Je me suis servie de ses erreurs, simplement pour m’améliorer. Mais comme lui, je trompe ma femme, je la délaisse. Les heures passées avec elle, Hélène, sont autant d’heures passées loin d’Haley, ma femme. Je ne cesse de lui mentir…

Est-ce vraiment l’Homme que je suis au fond ? Que j’ai envie d’être ? 

C’est décidé ! Nous sommes dimanche, c’est vrai. Mais il faut que je l’appelle.

Il faut que je la vois. C’est la nouvelle année, je n’aurai qu’à dire à ma femme que je vais voir un ami qui repart le lendemain aux Antilles. Mensonges, mensonges, encore des mensonges … 
J’ouvre mon téléphone. J’ai plus de 100 notifications. Cela ne m’étonne qu’à moitié. Je compose son numéro.  

“Bonjour, c’est Hélène… “  

Messagerie ? Hélène ? Cela ne lui ressemble vraiment pas. Elle n’a pas reçu mon message d’hier, non plus. Je commence à m’inquiéter ! Je me suis dit qu’elle devait être malade. Son dernier message date du 27/12 à 21h :

“ Bébé, je ne pensais pas que tu me manquerais autant. Ta voix, tes messages. C’est dur, je ne sais pas si je pourrai tenir ainsi encore longtemps. Jamais je ne connaîtrai de moments seule, coupée du monde comme cela avec toi. Je me rends compte que j’en ai envie, j’en ai besoin.  Je suis mal en point, je prends la route. Je sais que je n’aurai pas de réponse mais je voulais simplement te dire que JE T’AIME.” 

Plus rien après celui-ci !  

C’est alors que je vois que j’en ai reçu de Julia. Plusieurs même. Mais celui qui me provoque l’effet d’une bombe, tu le connais déjà !  

« Elle est morte, Gérôme ! Elle est morte seule, malheureuse et c’est à cause de toi. »
Reçu le 27 Décembre à 23h13. À peine 2h après son dernier message.  

 

“ Hélène est morte, Gérôme ! J’ai perdu ma meilleure amie. Et toi, tu es trop occupé à jouer à la famille pseudo parfaite pour lui dire aurevoir décemment !” 
Reçu le 28 Décembre à 14h.  

 

“ Je ne sais même pas pourquoi j’insiste. Il est clair qu’elle ne comptait pas tant que ça pour toi. Son corps partira le 31 décembre à 12h depuis Orly, alors si tu veux la voir, c’est maintenant ou jamais ! Je ne le fais pas pour toi mais pour elle. ” 
Reçu le 30 Décembre à 12h.
 

“ Tu n’as même pas ouvert ton téléphone pour lui souhaiter la bonne année. Donc tu ne sais toujours pas qu’elle est morte. J’ai envie de te tuer ! Pourquoi ce n’est pas toi qui est mort à sa place !” 
Reçu le 1er Janvier à 20h.  

Il y en a d’autres mais je m’arrête là. Je lisais les messages tout en ayant un bruit sourd dans la tête. Je ne sens plus mes jambes. Ma main tremble !

Ce n’est pas possible ! Hélène ne peut pas être morte ! Pas comme ça ! Pas sans moi. Pas elle!  

C’est un canular, une mauvaise blague qu’elle me fait pour me montrer qu’elle aussi je peux la perdre. Je compose son numéro une autre fois.
“Bonjour, c’est Hélène … » cette fois, je l’écoute jusqu’à la fin. Je me souviens du jour où elle a enregistré cette annonce. J’étais là. On s’amusait, on rigolait. Sa voix, sa douce voix. 
C’est un cauchemar, je vais me réveiller.  

J’appelle Julia.  

Elle répond sans me laisser en placer une :  

“ Espèce de connard ! Ou en isalop, en nonm a coucoune ! Atcholement ou ka viré krié mwen ! Tu as appris la nouvelle ! Bonne année en patate m****** ! Copine mwen pa ni tan rouèy ! Ou pamenm konté kriyey pou pran nouvel li, stéy la bonne année….  

(Traduction : Tu es un inutile, un conn***, un homme sans couille ! C’est maintenant que tu me rappelles ! Bonne année + injure ! Ma meilleure amie n’a pas eu le temps de voir la nouvelle année ! Tu n’avais même pas l’intention de l’appeler pour prendre de ses nouvelles, lui souhaiter la bonne année !) 

Elle me confirme la mort d’Hélène.

Je hurle dans le téléphone : JULIA STOOOOOOOOPPPPPP ! S’il te plaît dis-moi que c’est une blague ce n’est pas possible. Elle s’effondre de l’autre côté. Je la soupçonne d’être un peu alcoolisée. Et de ne pas être sur la région parisienne, il y a du bruit derrière elle.  Comme si elle était dans une soirée. 

C’est alors qu’elle me confirme la mort d’Hélène. Son enterrement a eu lieu le 2 Janvier. Julia n’est pas en état de me parler, elle risquerait de dire des choses qui dépassent sa pensée.  Voilà pourquoi, elle me propose de me rappeler à un autre moment. Où elle serait plus calme et posée. Avant de raccrocher, elle me lance quand même : Elle était enceinte de 3 mois, Gérôme ! Elle a eu un accident de voiture ! Elle a visiblement perdu le contrôle à cause du verglas.  

Puis elle raccroche sans me laisser aucune chance de répondre. …  

J’ai l’impression que l’on m’arrache le cœur…

Je m’effondre dans le parc. Je crie. Je hurle : Ce n’est pas possible !  J’ai envie d’arracher mes vêtements… Un homme passe par là et me demande si je vais bien. Mon visage rougit de larmes, je lui dis que non. Je cours, j’ai besoin de courir, plus vite, plus fort. Les images, les souvenirs défilent. C’est comme si c’était moi qui l’avais tué. Julia a raison ! Elle est morte seule. Je n’ai pas pu lui dire aurevoir. Elle était enceinte ? Mais depuis quand le savait-elle ? Pourquoi ne m’a-t-elle rien dit ?  

 J’ai perdu une femme que j’aime et notre bébé. Comment accepter, comment faire le deuil d’une personne qui n’est pas censée exister 

À partir de ce moment-là, je savais que plus rien ne serait comme avant. Je savais que je ne serais plus le même homme…que ma vie allait changer! Que nos vies allaient changer ! Et c’est exactement ce qui s’est passé ! J’étais loin d’Être un homme. Je n’en étais pas un, mais j’ai appris à le devenir !  

À suivre …

Gérôme

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

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