mon identité

(IN)FIDÈLE : UN HOMME TROMPÉ ! (6)

Où en étais-je déjà ? Ah oui, pendant que ma femme, ma douce Haley, la mère de mes enfants, cette femme qui a toujours été si attentionnée, est sous la douche et que son téléphone sonne. J’apprends alors en lisant un message que j’étais à mon tour COCU, trompé ! MOI Gérôme !
C’était le message d’un homme : « Bébé me s’il te plaît ne me quitte pas je t’aime ! » … Ce n’est pas possible ! Cet homme a dû se tromper. Cela ne pouvait pas m’arriver … à moi … Tout sauf ça !

Si tu n’as pas lu les premiers épisodes c’est le moment de le faire :  1, 2, 3, 4, 5.

Ce message sonna comme un 4e coup de poignard !

Ma femme me trompait ! Un autre homme l’appelait bébé, lui disait qu’il l’aime ! Lui disait qu’il ne voulait pas la perdre. J’ai cru devenir fou. J’avais passé tant de temps à en aimer une autre ! Puis à la pleurer, que je n’avais pas pris conscience que ma femme, ma moitié, Haley,  pouvait elle aussi plaire. Pouvait elle aussi attirer un autre homme qui lui, lui porterait l’attention qu’elle mérite, la choyer, lui faire l’amour… comme moi j’aurais dû le faire. Ce n’est pas possible. Je suis dans un cauchemar et je ne vais pas tarder à me réveiller. Je portai mes mains à ma tête. Mon coeur déchirait ma poitrine. C’était quoi cette rage ? D’où sortait-elle ? La dernière fois que je l’avais ressenti, c ‘était … à la mort d’Hélène. Pourtant celle-ci n’était pas exactement pareil. J’étais en colère. Prêt à tout casser ! Était-ce de la jalousie ? De la peine ? « Stop, stop ! Calme-toi Gérôme, elle a visiblement rompu .» Essayai-je de me rassurer. 

Cet homme était accro apparemment.

Il ne comptait pas la laisser partir. Il était hors de question que je laisse ma femme me quitter pour un autre homme ! J’allais lui faire la peau. Je repris le téléphone et m’apprêtais à envoyer un message, lorsqu’Haley apparue à la porte de la chambre, en serviette. Je l’attrapai par le bras, lui montrai le message.

Ma femme m’a regardé silencieuse.

Les larmes ont coulé. Je ne pus les retenir. Ma vie était en train de s’écrouler. Je l’ai saisie et secouée, comme pour qu’elle reprenne ses esprits.

– Comment as-tu pu ? l’interrogeai-je. Toi la mère de mes enfants ? Ma femme ? C’est pour lui que tu veux me quitter ?
Elle m’a d’abord observé sans un mot. Puis en baissant la tête m’a répondu d’un ton stoïque :
– Je sais ce que tu ressens ! Ton coeur se sert . Tu ne veux pas y croire ! Tu as l’impression de devenir fou. Ta vie est en train de s’écrouler ! Tu te sens trahi, humilié ! Peut-être faible ! Tu te demandes peut-être pourquoi ? Ce qui ne va pas chez toi ? Qu’as-tu fait de mal ? Enfin pour les trois dernières tu serais un bel hypocrite de te les poser ! Mais soit, tu me l’as prouvé tant de fois durant les dernières années que plus rien ne m’étonne aujourd’hui !

À ce moment, Haley releva la tête.

Elle me fixa d’un regard noir, presque sans âme, vide et à la fois plein de rage, de rancune, d’amertume … de douleur. Elle continua alors en me poussant contre mur. J’ai voulu jouer les hommes virils, en m’y opposant avec force en disant :

– Peu importe ce que mon père faisait, ma mère ne s’est jamais rabaissée, salie, à le tromper !

À ces mots, c’était comme si je l’avais déclenchée. Elle s’enflamma dans un monologue que je ne suis pas prêt d’oublier. Celui où mon épouse m’a planté les épines empoisonnées de vérités. Celles que je sous-estimais et qui ce jour-là m’ont faites redescendre sur terre : 

 » Ben la pauvre elle aurait peut-être dû! Ajouta t-elle !

Je t’interdis de me toucher. Je t’interdis de m’insulter. Je sais ce que tu ressens dans les moindre détails car le jour où j’ai découvert que tu me trompais, j’ai ressenti exactement la même chose. Je me suis demandée ce que j’avais fait de mal. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je me suis détestée. Je me suis culpabilisée. Je me suis mise en tête que c’était de ma faute, que j’avais peut-être trop grossie après les enfants. Peut-être étais-je trop occupée avec eux. Peut-être que mon corps te répugnait, mes vergetures… Peut-être n’étais-je pas assez sensuelle, ou pas assez bonne au lit.

Je n’ai pas arrêté de m’accabler alors que c’était toi qui avait fauté.

Mais tu veux que je te dise ce qui était pire. C’était de voir que j’ai fait des efforts. Je me suis remise au sport, j’ai acheté des dessous, j’ai changé de look. J’ai réaménagé mon emploi du temps pour qu’on passe plus de temps ensemble. Et en retour qu’est-ce que j’ai eu : « Chéri, ne m’attend pas ce soir, j’ai réunion ou je suis avec les collègues… je vais au sport… »

Les soirs où j’essayais de te faire sentir que j’avais envie de toi…

J’avais droit au choix à « Désolé je suis trop fatigué ! » Ou mieux, tu me pénétrais comme si c’était une corvée, sans amour, sans désir. Normal vu que tu t’étais déjà vidé les couilles ailleurs. À vrai dire je ne saurais pas trop te dire ce qui était le plus humiliant, le plus blessant des deux. Alors ton mélodrame de l’homme trompé …Va te faire foutre avec Gérôme. Sa ki pa bon pou zwa pa bon pou canna ! (Ce qui n’est pas tolérable pour l’un, ne l’est pas pour l’autre non plus !)

Aujourd’hui je me rends compte à quel point j’ai été stupide de rajouter :

– Haley, tu es ma femme. Les femmes ne trompent pas. Les femmes qui trompent ce sont des salopes ! Tu te rends compte si les enfants l’apprennent ! Si nos amis l’apprennent. Pour quoi vais-je passer ?

Elle m’a regardé avec un sourire sarcastique.

– Quand tes amis et toi racontez vos exploits avec vos maîtresses, pour quoi nous passons, nous les femmes ? Tu t’en préoccupes. Laisse-moi deviner  ! C’est normal ! C’est génétique. Tu aurais préférée que je pleurs, que je te supplie, que je me rabaisse encore plus. Ça aurait flatté ton égo ? Et bien non. Je refuse d’être comme ma mère, ou comme la tienne. Je refuse de donner cette image à mes enfants.

J’ai continué  de vociférer des absurdités, pendant qu’elle s’habillait.

Haley avait aussi mal que moi, je le sentais, cela se voyait. Mais ce soir-là nos blessures ce sont entrechoquées. Trois années de silence ont fini par exploser. Les enfants sont venus apeurés dans notre chambre en demandant ce qu’il se passait. Elle les a rassurés. Les a mis au lit. Puis a pris ses clefs pour s’en aller.

J’ai tenté de la retenir calmement en tout cas autant que je pouvais l’être à ce moment-là:  « Si tu franchis cette porte, tu signes la fin de notre mariage, fais pas-ça  Haley ! »

Elle m’a regardé sourire sarcastique, le visage rougit de larmes:  » N’essaie surtout pas d’inverser les rôles. Ouvre les yeux Gérôme, il est déjà fini depuis plusieurs mois et c’est toi qui l’a tué !

Ce soir-là, je me suis retrouvée de l’autre côté de la barrière.

Seul dans mon lit à me demander où était ma femme ! Est-ce qu’elle était avec lui ?  Je l’ai maudite.  Mon ego blessé a voulu tout lui mettre sur le dos, la traiter de moins que rien, d’irresponsable… Mais au fond de moi, je savais qu’elle avait raison. C’est moi qui avait lancé les hostilités. C’est moi qui avait trompé le premier. Comment avions nous pu en arriver-là ? Ce 25 Août tout est mort en moi. C’était la fin. À partir de ce jour la vie  telle que je l’avais connue n’existerait plus. Ce soir là je me suis bourrée la gueule. Ce soir-là ma femme n’est pas rentrée. Ma dignité s’en est allée. Ce soir-là j’ai compris que c’était la fin de mon mariage.

Six mois plus tard le divorce fut prononcé.

Le jour de la signature. Je suis rentrée dans mon studio vide encore plus déprimé. J’avais échoué. Ma femme, mes enfants me manquaient.  Je me suis alors demandé : « Qui suis-je moi avant d’être un homme ? »

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

2 commentaires

  • Patricia dit :

    Woooow !
    Je salue votre courage d’avoir fait face à vos erreurs, à votre égo de mal (homme) antillais. Je ne vous excuse pas, je ne vous blâme pas. Je ne vous juge pas. Hommes et femmes, nous sommes élevés dans les croyances de nos parents. Ils nous les transmettent avec la ferme intention de reproduire leurs schémas, sois par fierté ou culpabilité.
    Ce qui légitime la question suivante : pourquoi faisons-nous des enfants ? Et vous, saurez-vous répondre à cette question ? Pour ne pas influencer votre réponse, j’attendrai votre réponse avant de vous dire ce que j’en pense, et terminer ma réflexion sur votre récit.
    Alors, en attendant votre réponse à ma question, j’espère que le chapitre 7 est en cours. J’ai hâte de le lire.
    Cordialement,
    P.

    • Haley et Gérôme still dit :

      Bonjour Patricia,

      Merci de votre commentaire.
      En ce qui concerne mon rôle de parent. Je dirai simplement que j’ai souhaité fonder une famille avec la femme que j’aime. Nous avons envie de transmettre nos valeurs, nos rêves à nos enfants, car tout simplement nous voulons le meilleur pour eux. Nous voulons à tout prix leur éviter de vivre les mêmes frustrations et souffrance que nous. Cependant je ne peux pas faire de généralité car comme dit Lyah notre réalité diffère de celle des autres. Je peux juste parler de cette conception qui était la mienne. Qui n’est plus la même aujourd’hui car mes expériences m’ont amené à revoir mes positions d’homme, de mari et de père aussi.
      Alors aujourd’hui je suis conscient que mes parents ont fait de leur mieux et c’est aussi ce que je fais avec mes propres enfants. Je leur transmets des valeurs sans leur dire ce qu’ils doivent en faire. Tout comme Valérie et Lyah l’ont exprimé dans leur LIVE, Haley et moi n’éduquons plus nos enfants, nous les élevons, nous les accompagnons en leur permettant de faire leurs propres erreurs et expériences, en veillant à garantir leurs sécurité sans pour autant les surprotéger. En incarnant ce qu’on leur transmet au mieux, tout en assumant nos propres erreurs pour leur montrer que nul n’est parfait et que l’essentiel est de prendre nos responsabilités et en tirer des leçons.
      Mais une fois de plus, il s’agit de notre conception, notre vérité. Chacun à le choix de voir les choses à sa manière.

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