Cela faisait maintenant 8 mois qu’Hélène nous avait quitté et dans ma vie beaucoup de choses ont changé. Mon coeur, ma dignité d’homme ont été complètement brisé. Mais avant de te dire comment si tu n’as pas lu les épisodes précédents c’est le moment : Épisode 1, 2, 3, 4.

Les 3 premiers je les ai passés à errer entre mon travail, le canapé et la chambre.

Je ne voyais plus personne et croisais ma famille du regard lorsque nous étions à table. Je buvais régulièrement. Pas au point d’être ivre mort, mais c’était devenu une habitude. Je ne faisais plus l’amour à ma femme, sans me préoccuper de l’effet que ça lui faisait. Elle me posait des questions, mais je me contentais de sourire en disant : « Ça va, ne t’en fait pas ! ».  Je m’en foutais de ses. sentiments, de ses émotions. J’avais trop mal pour penser à quelqu’un d’autre que moi. Je m’endormais en lui tournant le dos, trop occupé à cacher ma peine, mon désespoir. Voilà comment j’ai appris à faire le deuil de quelqu’un qui n’était pas censé exister.

J’étais devenu le fantôme de moi même.

Elle me manquait je ne pouvais le nier. C’est comme si une partie de moi était mort avec elle. Je rejetais ma famille pour une femme qui était ma maîtresse. Aujourd’hui je me rends compte du message que je renvoyais. Mais certaines nuits je me demandais si en fait je la pleurais, ou si c’était la honte qui était en train de me consumer.

D’ailleurs un jour ma petite fille m’a regardé et m’a demandé d’un air triste «  Papa pourquoi tu ne nous aimes plus ? ».

Elle avait 3 ans. Cette question m’a fait froid dans le dos. Étais-je devenu à ce point absent et froid ? À en croire son regard rempli de larme, sa mine défaite, oui j’avais une fois de plus déconné ! Sauf que là il ne s’agissait pas de mon rôle d’homme, ni même de mari, mais de père. Avais-je vraiment envie que ma fille grandisse avec ce sentiment ? Non, non, non, je ne le voulais pas ! Ce jour a été mon premier électrochoc.  J’ai tout fait pour essayer de me reprendre, de recommencer à passer du temps avec eux mais ce n’était pas naturel. J’étais présent tout en étant absent.

La deuxième alerte s’est produite lorsqu’en rentrant du boulot un soir j’ai trouvé des valises prêtes dans l’entrée de notre appartement.

Tout le monde dormait déjà. J’ai tenté de réveillé Haley en vain. Elle refusait de me parler. Le lendemain elle m’a simplement averti les yeux rougis de larmes  : « Je pars car ça ne peut plus continuer. Je pars car ça fait trop mal. Je pars pour ne pas te détester. Les enfants et moi partons 2 semaines pendant les vacances. À mon retour j’aurai l’esprit plus clair et il faudra que l’on prenne une décision, ça ne peut plus durer ! »
J’ai voulu la retenir mais je me sentais minable indigne d’elle. J’ai baissé la tête. Je lui ai murmuré «  Ne fais pas ça s’il te plaît ! J’aimerais tout t’expliquer mais je ne veux pas te faire souffrir, je t’aime! »
Elle a sourit et m’a simplement dit : « Soit tu es aveugle, soit tu es un monstre ! Ouvre les yeux :  tout le monde souffre déjà ! » Je l’ai regardé s’en aller avec les enfants. Je sentais ma famille m’échapper sans pouvoir les retenir. Qu’était-il en train de m’arriver ?

J’ai passé 10 jours dans le noir.

Malade. Incapable de manger. Avec Haley nous échangions par message. Je ne lui ai rien dit . Ou du moins jusqu’au verdict du médecin. J’avais été amené aux urgences après un malaise au travail. Je pensais que c’était une gastro, un rhume ou au pire une forme sévère de dépression, mais je me trompais. Après une journée d’examens, d’attente sous perfusion, le diagnostic tomba : « Monsieur vous avez un cancer des testicules ! » Dieu me punissait, voilà ce que je me suis dit ! Je l’ai accepté. J’en étais à un stade précoce. Ils m’ont opéré rapidement et retiré la testicule atteinte. Ils n’ont pas pu la remplacer. Je me sentais émasculé, diminué. J’avais encore moins envie de penser au sexe, à ma femme, à nous. Je venais une fois de plus de vivre une mort d’une partie de Moi. Haley a été là, patiente. Elle s’est occupé de moi, sans jamais se plaindre, ni me reprocher quoi que ce soit. Elle était là. Et aujourd’hui, je réalise comme j’ai pu être audieux. Car à aucun moment, je ne lui ai posé la question « Et toi ça va ? » 

Quatre mois après l’opération, lorsque nous avons eu la confirmation que tout allait pour le mieux, Haley m’a annoncé qu’elle voulait qu’on se sépare.

Elle savait que je la trompais, mais avait gardé le silence. Elle pensait que mon changement radical était dû à cela. Que j’étais amoureux de l’autre femme et que je ne supportais plus ma famille. Elle était à bout et n’en pouvait plus. Je l’interrompis et lui avouai qu’Hélène était morte depuis 8 mois. Que je ne voyais plus personne. Je l’ai tenu dans mes bras, je lui rappelé que je l’aimais et que je ferais tout pour me racheter. Je lui ai expliqué que le cancer m’avait fait prendre conscience de mes erreurs.

Ça aurait pu la rassurer mais au contraire ça n’a fait qu’empirer la situation.

« Dis-moi que c’est une plaisanterie ! Tu penses vraiment que ça va me rassurer que ta maîtresse soit décédée ? » M’a t-elle lancée le regard noir de colère et de tristesse mêlée.

Je ne l’avais jamais vu dans un état pareil. Ma maîtresse était morte et j’avais l’impression que je venais de tuer ma femme. Nous étions dans notre chambre, devant notre lit. Elle me tourna le dos en portant ses mains à sa tête. Comme si elle était sur le point d’exploser. Elle balança tout ce qu’il y avait sur la commode à côté d’elle. «  Je te déteste. J’aurai préféré que tu me quittes, au lieu de me rendre compte qu’après tant d’années, je te vois sombrer parce que ta maîtresse est morte ! Tu ne t’intéresses plus à moi, ni même aux enfants. J’ai dû tout gérer seule car tu agissais comme un fantôme. Je rassurais les enfants en leur expliquant que parfois ça arrive. Je t’ai accompagné durant ta maladie, j’ai été là malgré ma peine. Tu ne me regardais plus, ne me touchais plus. Depuis quand avons nous rigolé, parlé ensemble mis à part de traitement, de factures ? » Je l’ai écouté et ne pu m’empêcher de lui répéter à quel point j’étais désolé. J’avais brisé ma femme, ma famille et j’allais devoir vivre avec.

Une semaine plus tard alors qu’elle était sous la douche son téléphone a sonné.

D’habitude je n’y prête pas attention. Mais cette fois je ne sais pas pourquoi j’ai regardé. C’était un message d’un homme : « Bébé me s’il te plaît quitte pas je t’aime ! » … Voilà c’était le Karma. C’était à mon tour d’être trompé ! En moins d’un an, je venais de perdre ma ma maîtresse, une couille et maintenant ma femme, ma dignité. Comment me sentir homme après ça ?

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

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