mon identité

(In)Fidèle… C’est ça un homme… ?(Partie 1)

Ecrit par 24 novembre 2019 8 commentaires

Hello c’est moi Gérôme,

Au cas où tu te le demandes, je suis un homme, un mari, un père. Un homme entouré de femmes. Je ne te mentirai pas, j’aime beaucoup cela, mais plus pour les mêmes raisons qu’avant, ou du moins plus exactement. Tu le comprendras en me lisant.

J’aJ’ai longtemps échangé avec Lyah pour savoir comment partager mon histoire avec toi. Mon expérience, mes réflexions, mon introspection…Comme à son habitude elle m’a dit : Écoute-toi, qu’est-ce que te dit ton coeur, ton intuition?

Plusieurs jours plus tard, en discutant avec ma surprenante femme Haley, se fut comme une évidence…

Pour toi un homme est-il par définition infidèle ?

Ma remise en question au sujet de ma posture, ma virilité, ma place d’homme à commencer par un déclic à ce sujet précis. Je t’en livre la première partie dans cette nouvelle….

À l’origine …

C’est ça être un homme…

Petit j’ai vu ma mère pleurer de nombreuses fois.
Tantôt parce que mon père n’était pas rentré …
…Qu’il avait oublié son anniversaire…
…Ou encore lorsqu’elle avait retrouvé des traces de rouge à lèvres sur le col de son t-shirt. Sans compter le nombre de fois où X ou Y était venu lui rapporter l’avoir vu avec d’autres femmes au restaurant, à l’hôtel, dans sa voiture… Heureusement à cette époque il n’y avait pas encore les réseaux sociaux. Pour lui ou pour elle? Je ne sais pas trop, mais heureusement.

Je les ai entendus crier, se disputer, se battre.  Mon père qui traitait ma mère de folle, d’hystérique alors qu’il savait qu’elle avait raison. Et puis quelques jours plus tard je l’entendais dire « Qui dort avec moi ? Qui est la mère de mes enfants ? Qui a la première place ? » Ma mère semblait en souffrir mais elle restait. C’était son lot de consolation. Elle était … la Première, la plus importante… en tout cas c’était la poudre de perlimpinpin de son mari, mon père, afin de la maintenir dans une prison dorée. 

Un jour je lui ai demandé pourquoi si elle souffrait autant elle restait avec lui ? Elle m’a regardé, le regard plein de tristesse en disant : « Tu sais quand on aime, on fait des concessions, des sacrifices parce qu’on sait ce que l’on a mais on ne sait pas ce que l’on trouvera. L’Amour ce n’est pas facile. »

Je la regardais ne sachant plus quoi dire. Apparemment, c’était normal. J’avais alors 15 ans. Je me souviens toutefois m’être fait la remarque :  » Pourquoi ne pourrais-tu trouver mieux que « ça ». » J’ai gardé le silence.
Je me suis souvenu de ces fois où je partais avec mon père étant plus jeune, je devais avoir 5-6 ans. Il m’emmenait chez des « Taties » : Politesse oblige. Il arrivait tout sourire. Elles essayaient toutes de m’offrir des bonbons, des gâteaux… Les premières fois je ne comprenais pas trop, alors j’acceptais volontiers. Puis ils me donnaient la télécommande de la télévision : « Tu sais quoi bonhomme, tu peux regarder ce que tu veux et monter le volume, je vais aider tatie à faire quelque chose, je reviens dans quelques minutes. Sois sage et surtout ne bouge pas. »

J’avais de la chance c’était presque toujours à l’heure de Dragon Ball Z ou Tom Sawyer. Captivé par mes émissions préférées, je ne me préoccupais pas de ce que mon père et « tatie » faisaient réellement. Jusqu’à ce jour où dans la voiture, mon père m’a dit qu’il avait oublié son portefeuille chez l’une d’entre elles. Il est ressorti de l’auto et je l’ai suivi du regard. Je ne sais trop pourquoi. C’est là que je les ai vus !!

Mon père embrassait une autre femme que ma mère. J’ai pris conscience que ces fameuses « taties » n’en étaient pas du tout.

  • Pourquoi as-tu embrassé la dame comme tu le fais parfois avec maman ?
  • Chuuut bonhomme, tu comprendras quand tu seras plus grand. C’est ça être un homme. Mais surtout pas un mot à maman…

Lorsque nous sommes rentrés ce soir-là, ma mère avait, comme d’habitude, déjà préparé le dîner. J’ai vu mon père poser ses lèvres sur les siennes alors que, trente minutes plus tôt, il en bécotait une autre. Ça avait l’air si naturel, si normal pour lui !!
Mon ventre se nouait, j’avais presque la nausée. Je n’avais qu’une envie c’était tout dire à ma mère. Malheureusement, je n’étais qu’un enfant. Je me suis alors contenté d’écouter mon père. Peut-être était-ce la peur qu’il me gronde, que je sois la cause de leur séparation ou tout simplement parce que je ne voulais pas être à l’origine des pleurs de ma mère… J’ai gardé le silence et ce lourd secret. Inconsciemment ou non, mon père m’avait rendu complice de ses mensonges. Il m’obligeait à porter ce lourd fardeau alors que je n’étais qu’un gamin de 6 ans.

« C’est ça être un homme. »

Cela s’est reproduit une dizaine de fois. Chez des « taties » différentes. Puis un jour j’ai dit STOP, j’ai pleuré et refusé d’y aller.
En grandissant, je voyais les prouesses de mon père pour tromper ma mère. Je voyais aussi celles de mes oncles qui avaient le même mode de fonctionnement. J’ai grandi en intégrant inconsciemment « C’est ça être un homme ! »

Mes parents se sont séparés alors que j’avais 16 ans et que ma petite sœur Maïka avait à peine quelques mois.
Mon père à peine présent durant la grossesse, était passé à la vitesse supérieure. Il lui arrivait de ne pas rentrer du tout durant 2 jours d’affilés alors que la grossesse de ma mère était compliquée.

« Ne t’inquiète pas M’man je suis là. » lui disais-je souvent. Elle pleurait nuits et jours. Le jour de l’accouchement personne ne savait où était mon père pour le prévenir. Ma mère s’est retrouvée seule. On aurait pu croire que ça aurait été ça le déclic pour partir mais non c’est mon père qui l’a quittée alors que ma sœur avait 6 mois. Il est parti avec l’une de ces autres femmes.
Tous les hommes de la famille me répétaient que j’aurais plein de femmes. Faut l’avouer, je suis plutôt mignon.
Je voyais la majorité des hommes de mon entourage mentir, tromper leur femme.

« C’est ça être un homme ! »

Elles pleuraient, criaient mais restaient. L’un de mes oncles m’a dit un jour : « Je ne quitterais jamais tatie parce que malgré tout ce que j’ai pu faire comme conneries elle m’a supporté et est restée. C’est ça l’Amour! »

Être un homme et aimer c’était donc ça ?

Sans m’en rendre compte alors que je m’étais promis de ne faire souffrir aucune femme, j’ai commencé à multiplier les conquêtes. Pour ma défense : je n’étais pas encore marié, et puis je voulais être un homme.  

J’avais alors 20 ans, une bande de copain qui aime s’amuser. Nous aimions nous retrouver et parler de tout, de rien mais surtout de femmes. Comme un rite de passage pour être un Homme, un vrai.

Nous nous servions d’alibi mutuel. L’un couvrait l’autre quand cela était nécessaire. Bref, j’avais la sensation que nos pères nous avaient subtilement transmis l’art de la tromperie dans un manuel imperceptible, certains diraient génétique.
Pourtant j’avais beau avoir des filles canons qui me voulaient à tout prix.  J’avais beau coucher avec, elles avaient beau me satisfaire comme jamais. Je me sentais… vide…

Et puis un jour je l’ai rencontrée…

Cette femme qui m’a donné l’impression que le temps s’était arrêté. Lorsque je l’ai vu, j’avais l’impression de la connaître depuis toujours. J’avais alors 25 ans, elle en avait 21. Une complicité hors du commun, une alchimie comme je ne pensais jamais connaître dans ma vie. À ce moment, je me suis dit sans me poser de questions :  « C’est elle, c’est ça l’Amour, c’est elle la femme de ma vie. »

Cette femme c’est Haley. Tout a été très vite entre nous. C’était fluide et beau. Une relation qui fait des envieux. Et pourtant sans nous en rendre compte, nous sommes rentrés dans une routine, étouffante, sclérosante pour chacun de nous : CDI, mariage, bébé, maladie… Comme si d’un coup de baguette magique nous étions passés du couple aventurier, fougueux au vieux couple sans vie, sans amour, cucul la praline. Métro, boulot, lego, dodo.

Je ne me souviens plus à quel moment j’ai dérapé… À quel moment j’ai franchi la ligne que je m’étais promis de ne jamais franchir : tromper ma femme.

Sur l’instant c’était ma bulle d’oxygène. Je rentrais plus tard, je prenais des jours de repos sans le dire à mon épouse. Je provoquais des disputes à la maison pour me réfugier dans ses bras, dans ses draps. Elle qui semblait tout d’un coup la nouvelle femme parfaite pour moi. Avec elle, je ne pensais qu’à une chose : me faire plaisir. Elle était amoureuse, ma femme aussi. Je délaissais cette dernière pour combler l’autre.

Pour me donner bonne conscience, je m’étais fixé certaines « règles ». Parce que non, je ne serais pas comme mon père. Alors je n’embrassais, ni ne couchais avec ma femme après avoir vu ma maîtresse. Je n’en avais pas plusieurs mais juste une et je l’aimais … aussi … d’une autre façon. Je ne dormais pas chez elle. Le dimanche je me consacrais à ma famille. Je faisais en sorte que ma femme ne se doute de rien qu’elle se sente un minimum aimée. Ma hantise c’était de la faire souffrir.

J’évitais les disputes devant nos enfants. Surtout, je ne les emmènerais jamais chez elle, pour qu’ils l’appellent « tatie ». Cela servait à me gratifier d’un sentiment de supériorité par rapport à mon cher Papa.
J’aimais deux femmes. Je mentais à l’une et cachait l’autre. Pourtant au milieu de mes amis lorsque nous racontions nos prouesses, je me sentais inclus, je me sentais HOMME, du moins ce qu’ils pensaient en être la représentation. Puisque de toute façon… « C’est ça être un homme ».

J’avais l’impression d’avoir mon père, mes oncles et mes ancêtres MÂLES dans mes relations. Comme pour me féliciter :

BRAVO Gérôme tu es un homme un vrai. Car un homme : ça trompe, ça ment, c’est comme cela que l’on montre notre virilité.

Si c’est vrai, pourquoi là encore je sentais le vide de ma vingtaine revenir encore plus violent. Malgré ces deux femmes amoureuses, malgré ce sentiment d’intégration de mes amis, de mes paires… au fond de moi, ça n’allait pas… mais impossible de comprendre pourquoi !

Ma deuxième femme (oui car le terme de maîtresse était péjoratif et insupportable) s’appelait Hélène. Elle avait l’air heureuse, épanouie quand j’étais là. Je faisais mine de ne pas voir la tristesse dans ces yeux quand je partais. Cette frustration qu’elle ressentait lors des fêtes, des anniversaires, des dimanches, tous ces jours où je ne pouvais être là, avec elle. La seule à savoir pour nous, c’était sa meilleure amie, Julia. Elle m’appréciait mais ne se cachait pas pour me faire savoir qu’elle trouvait que je gâchais la vie de sa best.
J’étais trop égoïste pour le voir, pour l’admettre.
Hélène rêvait d’être maman, d’avoir une famille, une maison… un mari. Et pourtant elle me vouait un amour exclusif. Une fidélité qui n’était pas réciproque… Elle savait que je ne quitterais pas ma femme et ne me l’a jamais demandé. Elle se contentait des moments que l’on passait tous les deux. Sans jamais se plaindre, ni me faire culpabiliser.

Notre relation a duré trois ans. Trois longues années où ma femme sentait le fossé se creuser. Où je me persuadais que je les comblais toutes les deux. Trois ans à vivre comme un fantôme, un somnambule. J’étais un mari à priori exemplaire, un amant respectueux, et un père aimant.

Trois ans jusqu’à ce fameux message …

« Elle est morte, Gérôme ! Elle est morte seule, malheureuse et c’est à cause de toi! »

À suivre…

Haley et Gérôme still

Après avoir connu l'infidélité, l'éloignement, la séparation. Nous sommes retombés amoureux et avons décidé de créer notre couple 2.0. Un couple qui nous ressemble, où chacun est libre d'être lui-même. En nous perdant, nous nous sommes retrouvés.

8 commentaires

  • Anna dit :

    Ohh l’histoire est intéressante et croustillante ! Impatiente de lire la suite, viite vite..
    Beau travail d’écriture, ca accroche. Bravo

  • Elsa dit :

    Superbe article, parce que vrai. J’ai hâte de lire la suite. Et pour que ce soit un article co-écrit, il a fallu retrouver cette alchimie et être conscient du statut de l' »homme » dans la micro société qu’est la famille. J’attends donc paisiblement la suite, juste pour … L’amour

    • Haley et Gérôme still dit :

      Merci pour ton message Elsa. Heureux que cela te plaise. Tu nous dira ce que tu as pensé de la suite. D’ailleurs tu peux même nous dire ce que tu t’attends à découvrir.
      Le couple peut être en effet un voyage alchimique à la rencontre de l’autre, mais aussi de soi. Je dirais même une remise en question de ce que l’on pense savoir. Mais l’Amour quand il est présent transcende tout en effet. Et il y en a dans cette aventure.

  • Patricia dit :

    Oh…
    Message empreint de sincérité !! Très poignant !!
    Quel courage !!
    Mais j’attends la suite….

    • Haley et Gérôme still dit :

      Merci Beaucoup Patricia. Nous sommes tellement ému par tant de commentaires gratifiants voire impatients. Nous espérons que la suite te plaira.

  • Nataly dit :

    Merci pour ce beau témoignage Gerôme, fort et si vrai! Cette vision du petit garçon, puis de l’homme…Merci pour ce rappel des croyances la femme trompée! Pourquoi rester, faire des concessions? Au nom de quel amour? Malheureusement, c’est trop souvent ce qui passe…. Hâte de lire la suite….!

    • Haley et Gérôme still dit :

      Merci Nataly pour ton retour. Ravis que la nouvelle te plaise. L’infidélité est un univers si vaste qu’il serait injuste de faire des raccourcis. Car derrière chaque choix de rester ou partir, il y a une histoire, des émotions, des blessures, un contexte historique, culturel, voire familial qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La bonne nouvelle c’est qu’au fil du temps les dogmes sur l’Amour, le couple, la sexualité évoluent et permettent à chacun de choisir en conscience son propre bonheur. Et nous sommes heureux d’y contribuer en partageant notre expérience.
      Tu nous diras si la suite est à la hauteur de tes attentes. Tout comme Elsa si tu souhaites nous faire part de tes idées sur ce qui va se passer, lâche toi.

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