Pendant longtemps j’avais cette obsession de trouver MA  place. Au sein de ma famille, dans un cercle d’amis, au travail, dans la vie en général… Je ne compte plus toutes ces fois où je me sentais perdue. J’étais dans un lieu, avec des personnes, même avec mes proches et pourtant je me sentais incomprise, isolée, presqu’une intruse parmi eux. Souvent nous parlions tous la même langue, le français ou même le créole, malgré tout c’était comme s’il fallait un décodeur pour se comprendre. Nous étions dans deux, trois mondes différents.

Quelque fois chacun y mettait de sa motivation pour tenter de faire entendre son opinion, ses convictions.

Je l’admets je ne sais plus combien de fois je me suis épuisée à le faire. Je t’en parlais dans un précédent partage. J’avais l’impression d’être complètement à côté de la plaque face à l’entêtement de certains de mes interlocuteurs.
Résultat : la distance se creusait et des querelles inutiles naissaient. Me sentais-je mieux pour autant ? Pas du tout !

D’autres fois je me taisais tout simplement. Quelques petits mouvements de tête pour faire la bienséance et c’est tout. Dans ces moments de profonde solitude inexplicable, au fond de moi je baillais. Je me questionnais «  Mais qu’est-ce que tu fous là ? » Je m’entendais me répondre à moi-même: « Mais ce sont mes amis, ma famille, des personnes que je respectent, alors je leur fais plaisir. » Ouais mais au final était-ce vraiment leur faire plaisir que de m’imposer cela ? Et mon plaisir à moi? Ne valait-il mieux pas préserver ces relations en se contentant de moments ensemble autour de nos intérêts que commun ? Ce dont je parle pouvais se produire dans n’importe quel domaine de ma vie.

Un jour, alors que nous parlions travail, tout le monde s’est moqué de moi lorsque j’ai affirmé fièrement :

« J’ai besoin que mon travail soit porteur de sens pour moi et aussi pour les autres. Que j’y prennent du plaisir, qu’il reflète mes valeurs. Qu’il me permette de épanouir personnellement, professionnellement et financièrement tout en contribution à l’amélioration du monde afin que chacun prennent conscience de sa propre force. »

Je parlais d’entrepreunariat, pire de Freelance, de collaboration bienveillante, de mutualisation, d’énergie, d’Amour. Pour les personnes présentes c’étaient une utopie ! J’étais dans le monde des bisounours. « Appel Dora elle va t’aider ! » M’avait-on répondu. Ou encore :

« C’est inconscient, risqué, irresponsable pour une mère de famille ! Tu mets en péril ta sécurité et celle de tes enfants pour de l’Amour et du plaisir au travail ? Si travailler c’était si simple, ça se saurait.»

Et la palme « Mais de toute façon Lyah, ton travail n’est pas un travail, c’est un passe temps. Un VRAI travail, un BON travail s’obtient après avoir passé le Bac, fait des études, obtenu un CDI, avec un gros salaire à la clef. On s’en fou de s’y sentir bien, on s’en fou de contribuer à un monde meilleur. On a rien sans peine dans la vie. Et pour payer les factures, s’acheter sa maison et préparer sa retraite le VRAI BON travail c’est important. Moi je déteste mon travail, je n’aime pas mes collègues, mais je sais qu’à la fin du mois, je peux me payer ce que je veux.»

Je me souviens que ce jour-là, je m’étais sentie…petite, mon estomac se nouait. Étais-je vraiment à côté de la plaque ? Il faut dire que je ne me sentais pas encore légitime dans ce que je faisais. Cette conversation n’a fait que rajouter à mon stress, mes doutes, tu l’imagines bien.

Heureusement la vie m’a amené par des rencontres et des apprentissages à réaliser que je n’étais pas stupide, naïve ou irresponsable comme certains voulaient me le faire croire.

Je m’adressais juste aux mauvaises personnes pour un sujet donné. J’avais simplement d’autres valeurs que les personnes de mon entourage. Et c’était ok. J’ai progressivement appris à l’accepter. 

Nous n’avons pas les même lunettes pour voir le monde.

Il ne s’agit pas de savoir qui a tort qui a raison. Car au final j’aime à penser que tout le monde à tort, tout le monde à raison, en tout cas dans ma perception.

L’essentiel étant d’être en phase, en paix avec nos propres valeurs, nos propres convictions. Qu’elles nous apportent de la joie et de la motivation. Dès lors j’ai compris que je ne trouverais pas ma place. Pour la simple raison que c’est à moi de la créer.  Plus j’accepte et assume mes propres valeurs et convictions, plus j’attire des personnes en résonance avec et moins je cherche à convaincre.

Les arguments ont laissé place aux informations lorsqu’on me les demande. Tu adhères ou pas c’est ton choix, je le respecte.

Nous avons chacun des lunettes différentes pour voir le monde, celles du voisin ne seront pas forcément adaptées à notre vue. Il les aimera peut-être carré, rouge… Moi j’ai un faible pour les rondes. Est-ce pour autant qu’il est une moins bonne ou une meilleure personne que nous ? Sûrement pas ! L’essentiel c’est que chacun soit en harmonie avec les siennes.

Ainsi les débats stériles et parfois virulents, ont laissé place à un respect mutuel, parfois même une prise de conscience de notre complémentarité rendant nos relations plus saines et joyeuses. On s’accepte, ou non d’ailleurs, mais on agit en conséquence pour préserver des relations de qualité ou des prises de distances dans le respect de chacun.

On m’a souvent dit « Qui se justifie s’accuse ! »

Là encore notre tentative de convaincre n’autre n’est-elle pas un aveu du manque de confiance en nous même ?

Le self-love, la sublimation de nos différences ça passe également par cette phase :

Reconnaître et assumer nos propres valeurs ! Nous n’avons rien à prouver au risque de me répéter ! Ainsi nous sommes aussi capable d’accueillir ou non celle des autres avec le respect de chacun. Deux découvertes m’ont permis d’aller plus loin dans cette compréhension du monde et dans l’art de notre différenciation. Je t’en dit plus dans le prochain épisode.

Et toi as-tu parfois ce sentiment de solitude ? Dis-le nous en commentaire.

Sublimement. 

Lyah 

PS : As-tu récupéré les premiers chapitres de mon E-Book ? Qu’en as-tu pensé ?

Lyah

Après avoir totalement perdu la mémoire en 2013, j'ai appris à me connaître vraiment et pris le temps de me demander ce que je souhaite faire de ma vie. Aujourd'hui je vis au rythme de mes rêves, des messages de mon corps, mes intuitions et mes passions. La vie m'a offert une seconde chance, je la remercie en vivant pleinement chaque instant et en accueillant tout ce qu'elle m'offre pour évoluer.

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